Gala Juste pour rire: Rationnels versus Fuckés

Photo par Marie Jetset

Photo par Marie Jetset

Ce vendredi, c’était les « rationnels versus les fuckés » qui étaient à l’honneur dans les galas Juste pour rire qui ont pour thème cette année les rivalités des Québécois. Pour l’occasion, Juste pour rire a confié l’animation de ce gala à deux duos complètement éclatés à leur façon : Dominic et Martin et les Denis Drolet.

Le spectacle s’est ouvert avec une scène plus étrange, avec un tas de décorations de Noël, un sosie de Mister T dans un cadeau géant et des petites personnes déguisées en rois mages. Dès lors on savait qu’on pouvait s’attendre à n’importe quoi.

Les numéros et présentations regroupant les Denis et Dominic et Martin étaient drôles, rythmés et punchés. Bien que les deux duos jouent habituellement dans des styles complètement différents l’un de l’autre, leurs complémentarités faisaient d’eux une équipe presque parfaite. La naïveté de Dominic se mêlait bien à celle de Denis Palette et Denis Barbu et Martin partagent eux aussi quelques atomes crochus. On se rend vite compte que le thème du gala « rationnels versus fuckés » ne classe pas les duos dans une ou l’autre des catégories, mais bien que dans chacun d’eux il y a la personne plus rationnelle et l’autre plus « fuckée ». J’aimais bien les « bêtises » qu’ils se lançaient de temps à autre, comme lorsque Martin compare les Denis à «  la chose la plus fuckée au Québec depuis Jojo Savard » ou encore que les Denis sont comme « une bombe atomique qui serait tombée sur les Sœurs Boulay ». À chaque fois le public éclatait de rire.

Les bons coups de la soirée

Dans les bons coups de la soirée, notons la présence de Yannick De Martino, qui est quelque part le petit frère spirituel des Denis. Le thème du gala lui allait comme un gant. Son stoïcisme se colle bien au côté rationnel du gala, mais les propos qu’il nous sort sont parfois si décousus qu’il peut paraître « fucké » pour monsieur madame tout le monde. Somme toute, si le public ne le connaissait pas encore au moment qu’il monte sur scène, il a dû bien les conquérir, puisque lors de sa sortie de scène, il a eu droit à une demi-ovation debout. Je ne serais pas surprise de voir ses salles de spectacles plus achalandées dans les prochains jours (Yannick est présentement en rodage d’un one-man-show qui se nomme Brouillon).

Gabriel D'Almeida Freitas, photo par Marie Jetset

Gabriel D’Almeida Freitas, photo par Marie Jetset

Dans les petits nouveaux, il y aussi Gabriel D’Almeida Freitas qui a fait bonne figure au gala. Il en était à sa première prestation dans le cadre d’un gala Juste pour rire, lui qui avait jadis participé à « En route vers mon premier gala» et gagné les honneurs lors d’un concours d’humour en Europe. Gabriel donne dans l’humour absurde un peu plus physique. Il a pour héros Andy Kauffman et ça paraît dans sa manière de toujours nous surprendre. Son numéro d’hypnotiseur a fait un tabac. Il a eu lui aussi droit à une demi-ovation debout. J’étais contente de revoir des numéros plus physiques, burlesques dans un gala Juste pour rire. C’est un style qu’on voyait beaucoup dans les années ’90, mais qui est malheureusement beaucoup mis de côté depuis la nouvelle formule des galas. Je crois que le succès de Gabriel devrait faire penser aux gens de Juste pour rire de rajouter quelques numéros dans la sorte dans les prochaines éditions. Je ne dis pas de revenir à « Petoman », mais je crois que Gabriel incarne bien ce « revival » de l’humour physique.

Un autre numéro qui a été excellent est sans contredit celui de Maxim Martin. Comme à son habitude, il est arrivé avec ce verbe et cette verve qui lui est propre. Après nous avoir parlé de son arrêt de fumer, il s’est attaqué à des sujets plus lourds, dont le fait qu’on ne peut plus rire de rien. Pour ce faire il a (osé) parlé du cas du petit Jérémy. La foule a pris quelques secondes à rire, puisqu’on le sentait marcher sur des œufs, mais on s’est vite laissé emporté par ses mots et son ton qui était juste. Maxim Martin est un être excessif, il a un passé fucké mais il est très rationnel dans sa manière de voir les choses. Lui, il a eu droit à pratiquement toute une Place-des-Arts debout pour l’ovationner à la fin de son numéro.

Les coups de gueule

Ce gala, bien que divertissant, n’était pas parfait. Moi qui suis une fan fini de Guillaume Wagner, j’ai été très déçue de sa performance. J’ai trouvé que son numéro collait peu au gala. Il est venu nous parlé du côté irrationnel des femmes lorsqu’elles sont en couples et comment les gars en couple chialent 24h sur 24. J’ai eu la nette impression que Juste pour rire l’avaient retranché du gala « Couples versus célibataires » présenté quelques jours plus tôt. Aussi, je n’ai pas vu le petit œil brillant de Guillaume sur scène, je sentais dans son jeu une sorte de rage qui collait moyennement à ses propos. Le public a dû aussi le sentir parce qu’il a eu un accueil plutôt froid et comme c’est lui qui ouvrait le gala, ça l’a placé la salle dans une drôle d’énergie.

Bien que la foule a eu l’air contente de retrouver Mario Jean sur scène, pour ma part il m’a laissé de glace. J’ai trouvé qu’il nous servit des blagues réchauffées, rien d’innovateur, voir un peu « mononcle ». Il nous est revenu avec des blagues sur son poids et des blagues douteuses sur sa méthode de régime qui rappelle la boulimie, ainsi que quelques blagues sur Michèle Richard. Son stand-up a été interrompu par un étrange numéro de groupe avec le duo Dominic et Martin, sans doute pour essayer de faire coller un peu plus les propos de Mario au gala, parce qu’encore une fois je ne voyais pas le lien entre ses blagues et le thème du gala. Je suis sans doute difficile, le public lui a servi une demi-ovation debout.

L'oval, un pastiche du Cercle. Photo par Marie Jetset

L’oval, un pastiche du Cercle. Photo par Marie Jetset

Autre coup de gueule à la soirée, Charles Lafortune. Notez ici que je dis Charles Lafortune et non son numéro, car celui-ci était hilarant. On l’a fait venir pour faire un pastiche du Cercle en compagnie de nos deux duos. Si Dominic et Martin et les Denis s’en donnaient à cœur joie dans cette parodie, le Charles du spectacle de 18h30 avait l’air blasé et surjouait ses répliques. À croire qu’il a oublié ce qu’on lui a appris à l’école de théâtre. Par chance, la folie des deux duos a été là pour sauver la mise, somme toute j’ai eu du plaisir à regarder.

Sinon les prestations de Martin Perizzolo et de Billy Tellier me sont tout simplement passées sous les radars. Ils n’ont pas été mauvais, ils ont fait rire les foules, mais rien qui rentrera selon moi dans les anales de l’histoire du festival. Si ce n’était pas du fait que j’ai pris des notes, je ne pense pas que j’aurais été en mesure de me rappeler de leurs numéros. Mais bon, ils auront une belle deuxième vie en reprise à TVA l’hiver prochain.

Je suis sortie du gala avec un sentiment mitigé, comme mentionné plus haut, j’ai apprécié le travail des animateurs, ils ont su me surprendre et me faire rire de bon cœur. J’ai été très contente aussi du succès remporté par mes copains de la relève, par contre dans son ensemble j’ai trouvé le gala inégal et décousu. Par chance, lorsqu’il se rendra à vous à l’hiver, le gars des vues aura fait un beau travail de montage et vous n’y verrez que du feu.

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