Assume de Fabien Cloutier

image tirée de Facebook

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C’est avec beaucoup de plaisir et d’anticipation que je me suis dirigée hier au théâtre Outremont pour la rentrée montréalaise de Fabien Cloutier avec son tout premier one-man-show Assume. J’avais hâte de voir le théâtre, puisque c’était la première fois que j’allais visiter cette institution d’Outremont, mais surtout j’avais hâte de replonger dans l’univers de Fabien Cloutier.

Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de le suivre lors de ses passages dans le cadre du festival Zoofest ; ses contes théâtraux m’avaient beaucoup plus. J’aime que Fabien Cloutier n’ait pas une langue de bois, qu’il utilise un langage familier, une version moderne du joual de Michel Tremblay. Son premier one-man-show ne détonne pas avec le reste de son univers littéraire et théâtral : il nous ramène à son joual ainsi que son franc parlé avec des sujets qui risquent d’en bouleverser plus d’un.

Assume porte bien son nom, Fabien y assume son aversion pour tout ce qui lui déplait et le clame haut et fort à mots mi-couverts. En fait, il va modifier certains noms et décrire les choses à sa manière pour nous faire comprendre de quoi il nous parle. Pour se faire, il fait fi des conventions humoristiques, tout d’abord en riant de celles-ci ; par exemple, la manière qu’ont les humoristes à commencer leurs numéros tous de la même manière. Et ensuite, il utilise la technique du quatrième mur. Pour ceux qui ne savent pas en quoi consiste la technique du quatrième mur, c’est quand un artiste décide de parler au public, mais en faisant semblant de parler à une ou des personnes imaginaires. Dans le cas présent, c’est à un certain Jacquelin que Fabien Cloutier fera la conversation durant environ 90 minutes.

Somme toute, Fabien Cloutier nous propose sa vision de la vie, qui est crue, directe, en n’ayant pas peur de ses mots. Ainsi il ose affirmer qu’on pense qu’une chanteuse chante toujours mieux si elle a un triste passé, ou que les gais ont la paix ces temps-ci parce que le monde est trop « occupé à haïr les Arabes ». Je vous évite tout le segment sur le Canal Vie, qui n’est manifestement pas sa chaîne préférée du câble. En gros, il nous remet les clichés de la société dans la face, mais souvent de façon brutale avec des métaphores fécales et phalliques.

Bien que Fabien Cloutier soit totalement assumé pour ce spectacle, mon cœur n’a pas été conquis comme dans le passé. Le fait de jouer à la manière du quatrième mur m’agaçait, puisque trop souvent j’avais l’impression d’assister à du théâtre plus que du stand-up comme nous sommes habitués de voir habituellement dans les one-man-shows. Trop souvent pendant le spectacle, je sentais que le texte nous était livré comme du « par cœur » plutôt du fond des tripes. D’ailleurs à cet effet, lors de ce spectacle, j’ai plus souvent rit avec ma tête plutôt que rit avec mon cœur. Et pour une personne émotionnelle comme moi, c’est un peu triste. Je n’ai pas aimé sa manière d’aborder les sujets visés. J’avais l’impression qu’il en voulait profondément à la génération des baby-boomers et à la culture de masse. Son personnage de scène sonnait comme un homme de la génération X profondément frustré de la vie.

Assume est un spectacle qui reste tout de même intègre dans la démarche artistique de Fabien Cloutier. Je ne l’aurais pas vu faire de l’humour grand public comme peut le faire Martin Matte par exemple. Toutefois, les gens qui l’auront connu au travers ses divers rôles dans Les Beaux Malaises et Boomerang risquent de se retrouver choqué de découvrir le ton artistique de Fabien Cloutier. Les autres qui l’auront connu par Scottstown ou Cranbourne, seront quant à eux en terrain connu.

Si dans les grands quotidiens ils ont comparé son humour à celui de François Bellefeuille, je dirais plutôt que j’y ai vu une parentalité avec l’univers de Fred Dubé jumelé au côté irrévérencieux que peut avoir Guillaume Wagner. Oreilles chastes doivent s’abstenir, ainsi que tous ceux qui ne comprennent pas le deuxième degré en humour. Disons simplement que les lecteurs du Devoir y trouveront plus leur compte que ceux qui lisent le Journal de Montréal.

Pour ma part, je n’ai aimé ce premier one-man-show de Fabien Cloutier. Toutefois je continuerai avec plaisir de suivre cet artiste, parce que son verbe en théâtre ou à la télévision est toujours très rafraîchissant.

Bref, si vous voulez vous en faire vous-même une idée, sachez qu’il passera les prochains mois à faire le tour de la province avec son spectacle Assume.

http://fabiencloutier.com/

 

Photo par Marie Jetset

Photo par Marie Jetset

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