Olivier Martineau: Surréaliste, mais sympathique

La carrière d’un artiste peu facilement se comparer à une course à pied, si certains réussissent à passer du point A au point B sans embuches, avec un temps record, tel un sprinteur olympique, d’autres ont plutôt des carrières de coureurs de fond ; des marathoniens, ça prend du temps, mais au bout du compte, les deux genres finissent par croiser un jour la ligne d’arrivée.

La carrière d’Olivier Martineau est un peu celle d’un marathonien. Il est parti de loin pour arriver où il est aujourd’hui, du moment ou il étudiait l’histoire de l’art, en passant par le bout où il enseignait au secondaire, sans oublier quand il posait du pavé uni. Malgré tous ses emplois «  alimentaires », il a toujours persévéré, en jouant dans les bars, en s’autoproduisant, et ce même si ce n’était pas tous les jours facile.

Photo (floue) d'un des premiers numéros que j'ai vu d'Olivier Martineau, le 9 décembre 2009

Photo (floue) d’un des premiers numéros que j’ai vu d’Olivier Martineau, le 9 décembre 2009

Je me rappellerai toujours la première fois que je l’ai vu joué, c’était dans le cadre des Mardis de l’humour du St-Ciboire, quelques part en automne 2009. Il était arrivé dans son grand complet, et sa mallette de cuir usée. Je me rappelle de m’être dit : « pas encore un magicien ». Mais non, ce n’était pas un magicien, c’était Olivier Martineau dans son numéro de fête pour enfants « trash ». J’en ai rit aux larmes, au point qu’après le spectacle j’ai été lui parlé pour lui dire qu’il avait été une des belles surprises de ma soirée.

Olivier Martineau, lors des quarts de finales d'En route vers mon premier gala, édition 2010

Olivier Martineau, lors des quarts de finales d’En route vers mon premier gala, édition 2010

Dans les mois qui suivirent, il participa à En route vers mon premier gala, une édition fort remarquée (c’était l’année des Simon Leblanc, François Bellefeuille, Mathieu Cyr). Le destin a fait que toutes les fois où je faisais la file pour assister aux enregistrements, je me retrouvais en compagnie des parents d’Olivier. L’attente était parfois longue, mais on passait vite le temps en discutant. Il n’y a pas à dire, apprendre à connaître quelqu’un via sa parenté, ça créer des liens spéciaux, mais surtout ça nous permet de voir l’humain derrière l’artiste. C’est à ce moment que j’y ai découvert un être passionné et que j’ai décidé de le suivre dans ce « marathon artistique ».

On a célébré sa victoire d’En route, son premier gala, j’ai été le voir animer au Lobby, plus tard j’ai suivi ses histoires dans les vieux pays, ces animations pour le Grand Rire, même quand il animait dehors ; s’en est suivi sa première animation de gala du Grand Rire et hier, la consécration (comme le disait si bien La Presse).

Olivier Martineau- le spectacle

Bref, hier, la ligne d’arrivée de ce beau marathon artistique ce donnait au St-Denis 2 de Montréal, ou parents, amis, vedettes, mais surtout des admirateurs de la première heure étaient là pour l’accueillir à grands bras ouverts. (Anecdote, je suis arrivée au St-Denis en même temps que les parents d’Olivier, on a en quelque sorte bouclé la boucle !).

Rentrée montréalaise d'Olivier Martineau, photo par Marie Jetset

Rentrée montréalaise d’Olivier Martineau, photo par Marie Jetset

Le spectacle s’est ouvert dans ce magnifique décor simple, mais très efficace : un parapluie géant, des gouttelettes d’eau lumineuse, une mini scène en forme de flaque d’eau. Dans son complet et dans ce beau décor, Olivier avait l’air tout droit sorti d’une toile de René Magritte. En fait, hier avec ses propos, Olivier aurait très bien pu être une toile de René Magritte qui prend vie. Magritte était un peintre relié au mouvement surréaliste, mais contrairement à Dalì, les œuvres de Magritte nous donnent l’impression de respirer une joie de vivre, parce qu’elles sont absurdes et à la fois satiriques, comme l’humour d’Olivier.

En commençant son spectacle en nous traitant de « cave », on peut penser, encore un humoriste qui joue la note du mépris. Mais non, il en va tout autrement. Olivier dégage cette joie de vivre et les indices qu’il nous donne pour nous montrer les travers de la société, relève pour la plupart tous de la caricature, en nous décrivant des protagonistes tous plus grands que nature. De la dame au sac banane et au pantalon « princesse », aux observateurs d’extra-terrestres, en passant par ses rencontres au gym ou à la piscine, sans oublier les « femmes jaguars », tous des êtres imaginaires, dont on ne doute point en croire leur existence de par leur portrait que nous en faisait Olivier.

Un décor simple, mais qui fait tant penser à du René Magritte. Photo Marie Jetset

Un décor simple, mais qui fait tant penser à du René Magritte. Photo Marie Jetset

Bien qu’il passe souvent du coq à l’âne dans ses numéros, on sent que ses dérapes sont contrôlées, aussi contrôlée que les douchebags qui font de la drift à St-Eustache. Ses longs apartés sont parfois dits dans un débit qui rappelle presque le slam, des mots choisis, pausé et rythmé. Et le rythme il l’a, car on riait tous à l’unisson hier au St-Denis. Dans son absurdité et ses propos, j’aimerais dire qu’Olivier a en quelque sorte donner un nouveau souffle aux« jokes de mononcle ». En fait, en rodage, Olivier m’expliquait que certaines gens du public venaient le voir à la fin des spectacles pour lui dire qu’il leur rappelait la belle époque des cabarets et de Claude Blanchard, et oui je peux y voir les similitudes de par les courtes phrases, le ton semi-arrogant, mais oh combien sympathique.

Je dois le dire en deuxième partie, ça s’essouffle, en fait ce n’est pas son humour qui s’essouffle, au contraire, c’est nous qui venions à manquer d’air tellement on riait. Parce que ne pas rire dans un spectacle d’Olivier Martineau, c’est impossible. J’ai tellement ri hier, que mes lèvres en ont gercé durant le spectacle, il faut le faire !

J’ai sincèrement passé une très belle soirée. Un spectacle que je vous recommande chaudement. On est chanceux, il est en supplémentaire à Montréal les 4 et 5 décembre prochain, en plus de plusieurs dates un peu partout dans la province (allez consulter son site web).

Une chose est certaine, l’aventure de son « premier marathon » est finie, mais pour cette nouvelle « course » qui vient de débuter, il risque de faire partie de l’élite pour bien longtemps et nous serons plusieurs à le supporter dans cette aventure !

Je finirai en vous paraphrasant un mes films préférés (Nothing Hill). Olivier Martineau : Surréaliste, mais sympathique !

Site web d’Olivier Martineau: http://olivier-martineau.com/

PS: merci à Québécomm pour l’invitation!

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