Le volubile et expressif Ben Lefebvre

Ben Lefebvre, photo Elisabeth Dalferro

Ben Lefebvre, photo Elisabeth Dalferro

Ben Lefebvre est un humoriste que je prends grand plaisir à suivre depuis quelques années. Sa plume, son ton, sa pertinence, mais surtout son sens de l’observation aiguisé font de lui un humoriste qui essaye à sa façon de changer le monde à coup de grosses blagues. Bien que ça le fasse parfois rougir quand je lui dis ça, Ben Lefebvre est un humoriste qui personnellement me permet d’être une meilleure personne dans la vie. C’était donc avec une grande excitation que je le trouvais en format 60 minutes à Zoofest cette année.

« Le rire est un des plaisirs les plus fantastiques, avec jouir bien sûr. […] Les Québécois manquent d’expressions, sauf pour rire, pour ça on aime rire » nous a-t-il dit dès les premières minutes de son spectacle. Et pour rire, on a ri beaucoup avec lui.

Selon lui, on aime tant rire que c’est pour ça qu’on a créé les Rigolfeurs. Sérieusement, ce numéro est un de mes préférés qu’il a présenté dans le cadre de son spectacle solo. Même s’il fait référence à de quoi qui était très tendances en 1998, ont a tous la référence du Rigolfeurs et nos commentaires la première fois qu’on est allé, parce que oui « on a assez ri là » comme le dirait la Monique décrite dans son numéro.

La trentaine rend Ben introspectif et nostalgique, nous parlant entre autres de ses petites frustrations refoulées d’enfant 5 ans, quand nos parents nous achetaient des biscuits de marques maison plutôt que ceux vus dans les annonces télé, comment que si on n’était pas du monde ce n’était pas nécessairement parce qu’on était fatiguée. Il nous a fait revivre le temps d’un moment notre enfance, en fous rires.

Ce regard sur l’enfance l’a amené aussi à nous parler de l’évolution des modèles pour les jeunes filles adolescente et comment Twilight a fucké une génération en entier. De cette réflexion, il pose le regard aussi sur la génération d’ados garçons, qui eux aussi manquent de modèles, mais surtout de rituels, de rites de passage vers la vie adulte. C’est ce qui selon lui fait des garçons des éternels gamins.

Ben a osé parler des manipulateurs et de la « bullshit », surtout celle des politiciens. Ce que l’on pourrait appeler le moment « Louis T » du spectacle. Selon Ben, la plus grosse  bullshit des politiciens est lorsque ceux-ci vont faire des « vrais » métiers devant la caméra juste pour paraître plus proches du vrai monde. S’en  est suivi un pétage de coche absolument sublime, presque poétique.

N’ayant pas peur des sujets tabous, Ben a aussi abordé le sujet de la dépression en parlant de sa propre dépression qu’il y a vécue il y a quelques années. Cette période de sa vie où il vivait sur le TXP « TV, Xbox, porn, ça hypnotise, ça ne fait aucun buzz sauf pour les 5 secondes de porno » et ensuite c’est une roue qui recommence. Il décrit cette routine comme étant la « drogue de la solitude ». Suite à cet aveu, nous avons eu droit à l’élaboration des points Télé, porno et jeux vidéos. Comment on aime la porno depuis l’âge de pierre, comment Canal Vie a un titre de chaîne prétentieux, puisque selon lui c’est la chaîne de la « femme occidentale névrosée qui a besoin de se faire tenir par la main pour choisir sa robe de mariage, ses enfants et son mari » et comment nous les filles on n’a aucune stratégie quand on joue à des jeux vidéos.

S’en est suivit de blagues sur Facebook, sur comment c’est dur être débranché dans la vie et comment les forums internet sont une grande source de frustrations. Il a fini en rappel avec son anecdote sur les bébés skis.

Bien qu’il était nerveux (j’ai assisté à la première représentation de son spectacle), nous avons eu droit à un Ben en contrôle de ses moyens, fier de ses textes et surtout très drôle. Le seul point négatif que j’ai trouvé à ce spectacle est son titre : Débranché, parce que je trouve Ben tout sauf débranché. En fait, je pense qu’il aurait dû switcher son titre avec celui de Yannick De Martino, Moralement Gris, puisqu’il emprunte un peu plus le ton de la morale que Yannick, mais ça, ça ne relève que de mon opinion personnelle.

Si durant son spectacle Ben nous a avoué que la voix de sa conscience était un petit éthiopien du nom de Clovis, moi dans ma tête, il y a aura toujours un Ben Lefebvre pour me ramener sur le droit chemin.

Débranché, un spectacle à découvrir du 19 au 22 juillet, 19h30, Cabaret du 4e au Monument National

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