À la rencontre d’Olivier Martineau

Le week-end dernier, dans le cadre du Grand RIre de Québec, mon ami Olivier Martineau m’a convié à assister à son test de son quelques heures avant d’ouvrir pour Anthony Kavanaggh sur la Place d’Youville à Québec. Après les formalités, il m’a fait quelques confidences. En voici le résultat.

Olivier Martineau en plein test de son, samedi 15 juin 2013, Grand Rire de Québec, photo Marie Jetset

Olivier Martineau en plein test de son, samedi 15 juin 2013, Grand Rire de Québec, photo Marie Jetset

Marie Jetset (MJ) : Olivier, cette année tu es une des grandes têtes d’affiches du festival.

Olivier Martineau (OM): (me coupant la parole) grosse tête ! Tout le monde me dit que j’ai une grosse tête pour mon corps, c’est vrai, j’ai un petit cou maigre c’est ça l’affaire.

J’ai la chance de faire quelques spectacles pendant la durée du festival, donc ça me permet de faire des spectacles différents, dans des lieux différents et des contextes différents. Ça, c’est le fun, car on ajoute de l’expérience « au calepin ».

Le but de ma présence dans le festival est bien de faire rire en premier , mais avec un objectif de travail qui est d’enlever le sable dans l’engrenage, parce qu’il y a préparation du one-man-show dans environ une douzaine de mois. Ce qui fait que de jouer dans des théâtres de moindres capacités […] je pense que c’est très formateur.

MJ : Là, tu as la chance d’ouvrir pour Anthony Kavanaghh.

OM : J’ai le privilège d’ouvrir pour le monstre sacré, Anthony Kavanaghh.( S’en est suivi une séance d’Olivier qui imite des adolescentes trop excitées dans une foule). Fou rire

MJ : Grâce au Grand Rire, tu as eu la chance d’aller jouer en Europe et même à Marrakech au Maroc. Comment est le public de Marrakech ?

OM :Il est tellement marocain.

 MJ : Explique-toi… (fou rire)

OM : Non… ( rire complice) Le public au Maroc est surprenant. Puisqu’on arrive au Maroc pas avec des idées préconçues bien sûr, mais avec, en tout de moins ce qu’on en connaît et ce qui est véhiculé par les médias, la télé, ce qu’on nous enseigne. On arrive là-bas et il y a un décalage important entre ce qu’on nous a dit et ce qu’il y a pour vrai.

C’est un pays de contrastes, déjà le Maroc. Marrakech est une ville qui résume bien une bonne partie de l’esprit du Maroc actuel, qui effectue des transitions avec des énormes clivages. Dans la rue devant l’hôtel, on avait des Land Rovers qui se faisaient couper par des charettes tirées par des ânes. Ce genre de clivage là, qui je pense on retrouve dans la foule, ce qui fait en sorte que nécessairement, on est dépaysé.

Le public marocain est excessivement généreux. Ils se savent privilégiés de recevoir un festival d’une telle envergure. Le festival de Marrakech avec Jamel (Debouze) qui fait rayonner, une belle retombée pour l’ensemble.

MJ : En parlant de Jamel, tu as eu la chance de faire le Jamel Comedy Club, c’est spécial ça…

OM :Toute l’histoire a commencé ici à Québec, quand je pense de fils en aiguille, d’avoir fait la première partie d’Anthony Kavanaggh, ça m’a donné la formation nécessaire pour pouvoir assurer une première partie d’envergure. Après avoir tourné une quarantaine de spectacles, il vient un moment ou tu as le petit bagage qui te permet de pouvoir faire des projets comme ça et de te poser ailleurs, dont en première partie de Jamel ici à Québec il n’y a pas très longtemps.

De fils en aiguille ça c’est bien passé, suite à cette participation j’ai eu mon invitation au Jamel Comedy Club et suite à tout ça une invitation au Marrakech du rire. Ce qui fait en sorte que ce sont des expériences enrichissantes.

MJ : Et l’anecdote c’est que tu n’as pas vu Jamel avant d’aller à Paris ?

OM : En fait, ni à Québec, ni à Paris ma chère. Je l’ai rencontré pour la première fois, la 3 fois et ça m’aura pris 3 continents.

Je l’ai rencontré en Afrique à Marrakech et ç’a été les 12 plus belles secondes de ma vie !

MJ : 12 secondes ??? 3 continents pour 12 secondes !!!

OM : (Olivier se met à imiter sa rencontre avec Jamel)

MJ: Lui as-tu fait des blagues d’Astérix ? C’est quoi, tu lui as fait pour que ce soit si court ?

OM : J’ai fait une blague. J’étais comme une jeune fille de 14 ans qui s’en va dans un bal pour la première fois. Il est très rare qu’Olivier Martineau n’ait plus rien à dire.

MJ : Tu étais impressionné ?

OM : Bien oui, bien oui. Je suis encore un « kid ». Ça fait juste 3 ans que je fais ça.

MJ : Ça fait 3 ans que tu le fais à temps plein,  mais ça fait plus longtemps que ça que tu fais de l’humour ? Non ? Parce qu’à l’époque de l’université tu as fait quelques spectacles.

OM : J’ai commencé il y a longtemps. Mes premières amours sur scène, c’est la musique. Ça les gens ne me savent pas tellement, quoi qu’on peut s’en douter, puisque la guitare fait partie intégrante de mes numéros. D’ailleurs, j’en ai perdu énormément comme musicien, à ‘époque j’étais doué. On avait gagné pas mal de prix, dont une belle deuxième place à l’époque à Cégep Rock, qui était un concours très couru. Mais du technicien que j’étais, je suis devenu un « gratteux de guitare de feux de camp ». Le manque de pratique m’a enlevé ma dextérité. Je connais encore les succès que j’ai appris quand j’avais 17 ans, donc je joue toujours des « tounes » qui sont aujourd’hui devenues classiques, mais je ne connais aucune chanson nouvelle.

Cela dit, j’ai quand même commencé il y a de ça une douzaine d’années à fouler les planches, en musique d’abord, ensuite l’impro, quoique l’impro a beaucoup été « in and out ».

L’humour est arrivé un peu par transition douce. Je faisais de l’humour comme je faisais du théâtre. C’est à dire, de longs monologues d’1h15, monologues drôles, mais ce n’était pas ce que je fais aujourd’hui. Aujourd’hui je suis beaucoup plus « stand up », en fait je suis très « stand up », une ligne un punch. Autrefois je voulais raconter des histoires.

MJ : Comme n’importe quel humoriste, tu t’es cherché et tu t’es trouvé.

OM : Je pense qu’on est en train de cristalliser un personnage qui était déjà là. Mon personnage, le style que j’ai aujourd’hui, c’était un numéro que j’avais dans le dernier show qui était un personnage, que tu as peut-être déjà vu, celui de la fête pour enfant. Ce numéro n’est plus joué depuis de nombreuses années, mais c’était un personnage qui avait sa petite valise, ses petites affaires et qui avait le « suit » d’ailleurs. C’était une espèce de « clown homme d’affaires » si tu veux. C’est devenu mon personnage de scène.

Aujourd’hui la recherche de l’histoire ce n’est plus ça qui m’intéresse, mais plutôt l’efficacité comique qui est une ligne un punch. Je pense que ce qui me plait c’est d’avoir un show d’1h15 et d’avoir le plus de gags possible.

MJ : Tu as joué en Europe et là tu joues à Québec, où va-t-on pouvoir te voir le restant de l’été ?

OM : Sur mon balcon dans Rosemont, je vais relaxer. Le restant de l’été sera un peu plus dégagé. J’aurai des quelques prestations un peu plus rares et c’est un choix.

MJ : Tu prends du temps pour toi ?

OM : C’est un choix que de prendre du temps pour moi, pour mon entourage, ma famille, pour mes amis aussi, parce que nécessairement de tourner comme ça, d’avoir toutes ses opportunités la, la conséquence directe c’est l’emploi du temps qui  devient totalement différent. Et si on ne se réserve pas du temps pour sa vie réelle, son entourage, pour rester « grounder », après ça c’est facile de partir en l’air. Donc , retour aux sources, je me garde quelques semaines pour aller à la pêche, voir les copains.

Par contre, avant, durant le Grand Rire on pourra me voir le 18 au Comédie Club, ainsi que le 23 juin lors des festivités de la St-Jean sur la place d’Youville à Québec.  Je cherche à faire différent, des déploiements différents à chaque fois. J’essaye d’explorer des nouvelles avenues, de pouvoir jouer comme ça en plein air avec des musiciens live. C’est un peu le même apprentissage que j’ai fait en jouant avec Cathie Gauthier au gala de Dom Paquet. On a fait un duo complètement éclaté. Donc le 23 sera ma soirée de clôture et celle du festival du Grand Rire.

Ensuite de ça, on pourra me retrouver, pour ceux qui sont à Val d’Or au Festival de l’humour de l’Abitibi, je serai encore là cette année. Par la suite, le 13 juillet je serai au Monument National dans le cadre de Zoofest et je présenterai un spectacle assez similaire à celui que j’ai présenté cette semaine à Québec. C’est un peu vaporeux, un spectacle éponyme, qui est un bricolage de plusieurs idées qui étaient de ce que je trouve plus près du one-man-show jusqu’à maintenant. À Montréal, ce sera un spectacle qui s’intitulera « Je n’ai jamais dit ça » qui est essentiellement un collage de tout ce que j’ai pas fait l’année dernière, je te dirais une pièce en trois actes. Tout ce que je n’ai pas dit parce que ce n’était pas écrit.

MJ : Fac les 14000 cartons que tu n’as pas eu le temps de dire parce que tu jouais de la musique et que tu improvisais sous la chaleur de l’église au toit rouge ? ( fou rire)

OM: ( Fou rire complice) Tout ce qui n’était pas assez bon, cette année je vous le colle et je vous le vend, haha. Voilà ! Ça sera un excellent spectacle et peut-être on verra nécessairement la guitare et on verra peut-être des classiques ressurgir, puisque des classiques ce sont des classiques, mais sinon essentiellement ce sera du nouveau matériel, donc encore exploratoire. Je garantie à tout le monde qu’on aura du plaisir. Est-ce que ce sera tout bon ? Certainement pas. Est-ce qu’on va rire des blagues qui tomberont à plat ? Oui, on va rire, peu importe.

MJ : Olivier je te remercie et je te souhaite plein de BBQ avec Big Dan ( son papa) et le restant de ta famille ! On se retrouve en Abitibi ! À bientôt 

Pour tout savoir sur Olivier Martineau : http://www.olivier-martineau.com/

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