Du coq à l’âne avec Olivier Martineau

Oivier Martineau dans Du Coq à l’âne, photo gracieuseté de Zoofest

Une salle non-climatisée pleine à craquer. Un micro sur un pied qui attend impatiemment l’humoriste qui a plus de 15 minutes de retard compte tenu que plusieurs dizaines de spectateurs attendent encore à l’extérieur de pouvoir rentrer malgré le manque d’espace. Il est 22h30, avant dernier soir du festival Zoofest, les gens sont fébriles, on se croirait dans l’attente d’une rockstar. Les lumières s’allument, Olivier Martineau apparaît. Et c’est parti.

Ça ne faisait même pas deux minutes que l’humoriste était sur scène que la foule riait à gorges déployées. C’est avec une énergie pouvant alimenter une centrale électrique qu’Olivier Martineau, celui qui a récemment gagné le prix de la découverte au Grand rire, a commencé sa prestation en interagissant  avec son public. « Tu ris pas, madame? » a-t-il lancé, tout de go à une jeune femme sérieuse, qui ne l’a pas été longtemps, assise en première rangée. Au bout de dix minutes, il interpelle les retardataires qu’il appelle « L’escouade discrétion » et nous lance ensuite que le spectacle n’était même pas encore commencé. On avait déjà mal aux joues, pourtant.

Alignant les gags à la vitesse de l’éclair, l’improvisateur irrévérencieux est en sueur sur scène et offre à un couple, dans la première rangée, une tournée de Mr. Freeze; friandisequ’il appelle affectueusement  « l’air climatisé des pauvres ».

Comme le titre de son spectacle le dit si bien, Olivier Martineau saute du coq à l’âne et ce, tout au long de son spectacle. C’est voulu, calculé, c’est son style d’humour bien à lui, sa marque de commerce, pas toujours facile à suivre pour les non-initiés. Au bout de trente minutes de spectacles, celui qui nous fait trouver lente la diction de Louis-José Houde avoue d’emblée ne pas suivre le planning de son show. Encore une fois pourtant, tout est placé, précis et fait hurler de rire. Tantôt de l’humour absurde, tantôt de l’humour intelligent, mais toujours, de l’humour ficelé par des doigts de maitre.

Celui qui revient d’un festival d’humour en France habite la scène avec une assurance et un plaisir apparent et communicateur en plus de maximiser sur sa grande force : le contact avec les spectateurs.

Il parle de la voiture Smart, automobile avec laquelle tu ne peux offrir de lift si tu apportes un lunch, il nous fait lever les mains en l’air pour jouer à un « jeu » et nous donne des idées de trucs pas gentils mais drôles à faire, comme par exemple : lancer une poignée de sable en l’air dans une descente dans le Monstre à la Ronde. Il raconte que selon les statistiques, on avalerait sept araignées par année dans notre sommeil. Il ajoute : « Moi, ce que je trouve troublant là-dedans, c’est pas le fait d’avaler des araignées, c’est le gars qui te regarde dormir et qui les compte. »

Fidèle à son habitude, et maintenant, à sa réputation, Olivier Martineau a défoncé les soixante minutes de son spectacle qu’il a terminé en musique avec sa guitare et ses compositions humoristiques : « C’est comme dans un show de Nicolas Ciccone, mais avec plus de monde…oups, j’viens-tu d’insulter une petite madame? ». Comment lui en vouloir?

Olivier Martineau est un autodidacte qui n’a jamais mis les pieds à L’École nationale de l’humour. En plus d’être une solide bête de scène, il produit lui-même ses spectacles. On a affaire à un humoriste qui maitrise son art et malgré qu’il soit de la relève, on dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Il a l’énergie, le talent et le charisme des plus grands. Il rafle les honneurs un peu partout cette année; honneurs grandement mérités.

Véritable touche à tout, il a exercé plusieurs métier dans sa vie : professeur, intervenant, barman. On espère qu’humoriste sera son dernier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s