Entrevue avec Jean-François Mercier- Juste pour Rire 2010

Le 22 juin dernier, lors du rodage du gala « Scandale » de Juste pour Rire, animé par Louis Morissette et Jean-François Mercier, j’ai aussi profité de mon escapade dans les coulisses pour aller poser quelques questions à celui que l’on connaît comme étant « Le Gros Cave » ou comme éducateur dans Virginie, j’ai nommé Jean-François Mercier.

Je vous avertie, c’est cru, c’est clair et c’est pour les yeux avertis… J’ai recopié tel quel l’entrevue audio que m’a accordé M.Mercier.

Jean-François Mercier lors du rodage de son gala JPR 2010

Qu’est-ce que ça vous fait d’animer un gala cet été ?

Je vais être pas fin, mais je vais dire, pas que je m’en côlisse, ça ne serait pas vrai. Dans le sens que je veux essayer de bien faire. Ça jamais été une ambition pour moi de faire un gala Juste pour Rire. Eh, je vois plutôt ça comme une occasion de plugger une couple de chums et de faire découvrir des nouveaux talents.

Moi j’ai toujours été bien proche de la relève, parce que ces gens là, donc quelque chose que j’ai un peu perdu qui s’appelle le « feu sacré ». Pas que je suis complètement « décâlissé » ou que je m’en calisse, mais dans le sens que parfois c’est le fun de voir des jeunes de la relève qui sont prêts à tuer pour avoir ce que toi on te donne facilement. Là tu dais comme « Ah ok, c’est comme un privilège d’avoir ça » et ça te ramène à une plus juste perception de la réalité.

Est-ce que vous étiez surpris que Juste pour Rire vous approche pour animer un gala ?

Je n’ai pas été surpris, mais en même temps oui. Surpris dans le sens que j’ai été approché en premier. (En référence à Louis Morissette) Ils m’ont amené dans un restaurant super cher, j’ai commandé ce qui avait de plus cher au menu. On m’a dit : « on veut t’avoir sur un gala comme animateur ; on te verrait par contre plus avec un co-animateur ; toi tu vois qui ? » J’ai dit : « là je ne sais pas trop » Ils m’ont alors nommés des noms. J’avais fait un numéro avec Louis Morissette, on m’a dit : « Je pense que vous vous complèteriez bien ! »  Donc on a fait ça avec lui… quelle erreur !!!

Sérieusement, je niaise pis je ne niaise pas, parce que Louis et moi on a trouvé cela super dure au début. On ne s’entendait pas sur grand-chose. Tellement qu’un moment donné j’étais là tab% ?* on n’arrivera jamais à rien !

Notre numéro d’ouverture est vraiment basé sur la réalité. Tu fais, « tab*% ?, ça ne se peut pas ! Faut que ce soit gros ! Le Scandale ça marchera pas tab* ?&, pis la façon de faire, on n’est pas le gala de l’amour, on n’arrivera jamais à rien »

Finalement on a décidé de se servir de ça, de cette position. Tantôt il me disait « on est tout le temps d’accord sur tout ». On veut faire des présentations dans le même genre, jouer un peu là-dessus. « Moi je l’aime, lui je l’hais ». Je pense que ça ne c’est jamais vu.

Est-ce que parfois vous êtes blasé d’être connu pour votre côté irrévérencieux ? Est-ce que parfois vous aimeriez être connu pour autre chose ? Être identifié à autre chose que le personnage du « Gros Cave » ?

Logiquement je pense que je suis reconnu pour autre chose. Ce n’est pas quelque chose que je contrôle. Comment les gens me perçoivent, je m’en crisse un peu.

Le monde me connaît comme le Gros Cave et ça ne me dérange pas non plus. Moi je ne suis pas là pour faire la morale, je ne suis pas là pour passer mes opinions. Je dirais plutôt que ce sont des propos appuyé par une démarche artistique. Si les gens les prennent au premier degré, ce n’est pas vraiment mon problème à moi. Évidemment je souhaite qu’on me prenne au second degré, mais s’il le pogne au premier degré et que ça les divertie, tant mieux.

L’humour c’est relatif. Si tu penses pareil comme le Gros Cave est-ce que ça fait de toi un cave ? En fait je pense qu’on fait évoluer les mentalités. Souvent tu entends des affaires du genre « ouin les gags des homosexuels ça véhiculent des préjugés sur les homosexuels. » Moi je pense que non, moi je pense que plus il y a de gai, tu penses au personnage de Christian Lalancette de Chez Denise, pis que les gens disait : « ha mon dieu, il est drôle, il me fait rire ». C’est difficile d’haïr quelqu’un qui te fait rire. Moi je pense que cette caricature a fait du chemin dans la tête des gens, les gens ce sont dit « finalement on ne le hait pas ». Je pense que c’est bien bien insidieux le chemin que ça fait dans la tête des autres. Un moment donné aussi la haine c’est acceptable  quand c’est sanctionné par les autres. Je pense que l’humour fait sa part.

Dans le fond pour vous l’humour c’est vraiment une source de conscientisation ?

Oui puis je te dirais que même qu’en humour ce qui fait rire c’est deux choses. C’est la surprise et la victimisation. Même l’humour de base, pas nécessairement l’humour intelligent, peut servir de forme de dénonciation.

Admettons qu’on présenterait un numéro odieux dans un gala, qui viendrait briser tous les tabous sur par exemple des gars qui s’ouvrent le cul avec des larmes de rasoirs et boivent le sang après. Il y aurait quand même un choix éditorial là-dedans, qui n’est pas vide de sens.

Tantôt vous avez parlé que vous étiez proche de l’humour de la relève. Est-ce que vous avez des coups de cœurs, des gens que vous avez un peu dans la mire, du genre : celui là on va entendre parler de lui !

Moi j’ai un gars qui fait ma première partie qui s’appelle Guillaume Wagner, c’est un de mes coups de cœur. Tantôt on a vu Pierre Hébert, tu sais Pierre tantôt je l’ai agacé en disant : « tu dois avoir hâte de pogner la coche que tu n’es plus dans la relève ? » Mais sauf qu’il y a un peu de vrai là-dedans. Pierre on l’appelle encore pour faire des affaires de vedette. Ce n’est pas un gars de la relève. C’est un gars qui a beaucoup de métier, super professionnel, il arrive toujours bien préparé. Il a un beau bagage personnel. Il fait des hits partout. Ou tu sais un gars comme Dominique Paquet.

Mais tu sais, j’écoutais En route vers mon premier gala Juste pour Rire. Je pense à des noms comme Simon Leblanc, j’ai trippé sur lui ; ensuite Yannick de Martino ; l’autre Martineau, Olivier Martineau, j’ai trippé là-dessus. Ensuite le vétérinaire, François Bellefeuille. Écoute, François Bellefeuille là, il a passé de ça à ça (à ce moment M. Mercier montre ses doigts ouverts à 1cm en ouvrant ses mains à genre 1mètrès de distance). C’est cool le step qu’il a pris. Tu sais ce gars là, il est vétérinaire, c’est un universitaire, il est intelligent, mais maudit ça paraît même quand il fait le con ! Quand tu es intelligent ça paraît dans tes jokes. François, tu vois je vais avoir mon show à V en automne, pis ce n’est pas un gars qu’on a appelé aux auditions, j’y avais pas pensé au début bien franchement. Je l’ai vu et il m’a tellement impressionné. C’est sûre que ce gars là, il a la profondeur pour aller loin.

J’en ai vu d’autres qui m’ont impressionné. Simon Leblanc ça m’a impressionné. J’écoutais son entrevue avant de faire son numéro à En route. Je me disais : « c’est un plein de marde. Humour à temps plein ? Si tu faisais ça vraiment à temps plein le gros, je te connaîtrais ! » Après son numéro j’ai fait « Ah ok ! » J’ai vu ses 3 numéros d’En route et je reste impressionné. Tu vois le dernier numéro qui a fait, c’est celui qui m’a le plus impressionné. Pourtant c’est celui qui s’illustre moins dans la doctrine de l’humour, car c’est un peu anodin comme numéro, par contre c’est un conteur extraordinaire. Tu vois contrairement aux juges (de En route) qui le trouvaient moins punchés que les deux autres, pour moi c’était le plus punché des autres !

Vous m’ouvrez une porte là. Si En route vers mon premier gala revenait une année autre année, si on vous appelait pour devenir juge pour un concours comme cela, est-ce que vous penseriez que vous accepteriez ce genre de rôle ? Vous pensez vous apte à faire ça ?

Moi c’est une affaire que j’ai toujours refusé de faire, parce que je ne me sens pas à l’aise de détruire des rêves, je ne me sens pas à l’aise de dire ce que je pense. Tsais, moi il y a bien des humoristes que tu me demanderais qu’est-ce que je pense d’eux autres, je te dirais : « eh regarde, tu pognes tes textes, tu câlisses tout ça aux vidanges, il n’y a rien de bon là-dedans. » et il y a des humoristes qui ont eu du succès extraordinaires… Donc mon opinion ne vaut pas grand-chose. C’est une opinion bien personnelle. Tsais on a tous nos vies personnelles. Donc je ne me sens pas super à l’aise de porter des jugements sur gens qui ont travaillé fort.

A En route on a vu mon metteur en scène Joseph St-Gelais (juge). Parfois je l’écoutais faire des commentaires et puis j’étais outré ; « Tabarnac tu n’peux pas dire ça à quelqu’un qui commence ! ». Il y a des jeunes à qui j’ai écrit sur Facebook. Je marche sur un pseudonyme sur Facebook, je ne marche pas sur mon vrai nom, je leur écrivais et puis on me répondait : « es-tu vraiment Jean-François Mercier ? Pourquoi prends-tu ce nom là ?? » (Confirmé par certains participants de En route). Il y avait des affaires que je trouvais injuste. Tsais quand tu vois ça et que tu te dis je pense que j’aurais été un meilleur juge. Je pense en fait que j’aurais été trop mou.

En route mettons que c’est la meilleur téléréalité que tu ne peux pas avoir, mais d’un autre côté tu fais : « l’humour ce n’est pas un concours ». Je vais te donner un exemple, je trouve ça crissement ironique d’être en nomination pour un numéro de l’année contre André Sauvé au gala des Oliviers. Tu fais «  il a fait un bon numéro, j’ai fait un bon numéro, il y en a d’autre qui ont fait de bons numéros et qui sont en nomination et d’autre qui on fait de bon numéro et qui ne sont pas en nomination. » Moi j’avais fait un bon numéro, je me fais mettre en nomination, je perds, c’est comme si tout à coup mon numéro n’était plus bon. Ce n’est pas une compétition d’un prix pour l’humour.

On a vu récemment dans les médias que Véro et Louis étaient pour nous concocter un autre Bye Bye, on a par le fait même entendu votre nom circuler entre les cordes. Est-ce que l’on risque de voir votre nom apparaître au générique de cette émission ?

Peut-être, peut-être pas. Je ne sais pas. Bien franchement, moi je vais avoir mon show à V, c’est une quotidienne, ça va me prendre beaucoup de temps, donc je me sais pas. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais j’ai comme eu de mauvaises expériences avec le Bye Bye ? Donc je ne le fais pas, je ne sais pas. S’ils veulent m’avoir, faudrait leur demander s’ils veulent de moi premièrement, si Radio-Canada veulent aussi de moi, si les producteurs rêvent de moi, etc. Beaucoup de facteurs qui font en sorte que sans doute ça ne se  fera pas.

Drink de star

Quand on fait de l’humour de la relève, on est souvent payé en bière à la fin des shows, alors du temps où vous faisiez des bars, quels étaient vos ou votre boisson favorite?

D’ordinaire ce n’est pas la boisson que tu choisis, parce que c’est souvent la caisse de bières qui mettent dans les loges. Donc je dirais une Beck. Quand c’est trop sucré je trouve que ce sont des drinks de filles.

Je remercie Jean-François Mercier du 15 min qu’il m’a accordé pour cette entrevue improvisé. Je remercie aussi Martin Perizzolo, qui indirectement sans l’aide de mon « parrain humoriste », cette entrevue n’aurait jamais pu avoir lieu!

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