Il était une fois, j’ai été rire à Laval

frametastic

Le 15 mars dernier, je suis sortie de mon île pour aller rire à Laval dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie. Organisé par la Centrale des Artistes, le spectacle Rencontres humoristiques, ce voulait un spectacle pour toute la famille, mettant en vedettes des artistes ayant un lien avec Laval, mais surtout se voulant une belle célébration de notre langue.

L’événement fut animé par l’excellente humoriste Korine Côté, et mettait en vedette Mariana Mazza, Alexandre Douville, Martin Perizzolo, Luc Leblanc, Sylvain Granger, ainsi que deux petits nouveaux: Charles Pellerin et Anas Hassouna.

Je ne sais pas si c’est dû à l’excellente poutine du Patio Vidal, mais la soirée fut tout simplement magique. Les deux petits nouveaux furent pour moi deux belles surprises, coachés par l’auteur diplômé de l’ENH, Sébastien Hébert; ils ont su conquérir la foule. Une mention particulière à Charles Pellerin, qui a gagné récemment la finale du concours cégep en spectacle du collège de Montmorency, avec son numéro sur le camp de jour pour handicapés.

Mariana Mazza a aussi tout cassé avec son numéro ou elle nous parle du temps où elle vivait à Montréal-Nord, loin des clichés, elle a su nous raconter de façon amusée, des réalités urbaines qu’on oublie trop souvent. C’est vraiment une humoriste à surveiller (et ça tombe bien, vous pourrez la découvrir en avril sur les ondes de MAtv grâce au concours En route vers mon premier gala).

Ce fut un plaisir immense de renouer avec l’humour de Luc Leblanc et de Sylvain Granger, dont je n’avais pas vu les présences sur scènes depuis quelques années déjà. On se rappellera que tous deux avaient été des finalistes d’En route lors de la 2e édition du concours télévisé. Luc nous a fait un numéro écrit expressément pour les Rencontres Humoristiques, où il parla de l’avenir du français, ce qui menace notre langue. Poétique, sans être moralisateur, il a su nous amené dans son univers naïf et ludique, me rappellant justement ses grands succès d’En route 2009. Du vrai bonbon! Quant à Sylvain, il y est allé d’un numéro mi-monologue, mi-imitations avec un numéro sur le thème des patois. De Jean-Marc Parent à Moman dans la Petite Vie, sans oublié Rogatien de Taxi 22 et tout plein d’autres, il a charmé le public. Mention spéciale à son fiston qui est venu le rejoindre sur scène le temps d’une imitation de Gollum de Lord of the ring, Sylvain a clairement de la relève dans sa famille.

Il fut aussi très agréable de revoir certains classiques de mes humoristes préférés, ainsi nous avons revu le numéro des sacres d’Alex Douville, le 25c défectueux de Martin Perizzolo et les Mac de Korine Côté. J’ai pour mon dire qu’une bonne blague c’est comme un refrain de chanson pop, même si je me souviens des blagues par coeur, c’est toujours un immense bonheur des réentendre encore et encore ( et de les rire encore par le fait même.

À retenir de cette soirée au Patio Vidal? La poutine y est excellente, que le milieu de l’humour se porte bien et a une belle relève, que la langue française est belle, même au travers la bouche d’un humoriste et ce peu importe ce qu’en dira Denise Bombardier et bien sûre que Laval ce n’est pas si loin que ça finalement!

Un merci spécial à Jean-François Rioux et la Centrale des Artistes pour m’avoir fait sortir de mon île et pour votre chaleureux accueil!

François Bellefeuille annonce son premier one-man show

577611_532299456820882_37690288_n

Autoportrait de François Bellefeuille

La nouvelle qu’on attendait tous et qui est maintenant sur toutes les lèvres des fans d’humour, François Bellefeuille sort (enfin) son tout premier one-man show.

La nouvelle a été annoncée via le lancement de sa publicité, une courte vidéo de 2 minutes, réalisée par le talentueux Pascal Barriault, où l’on voit François insulter des journalistes, détruire un buffet, faire des blagues clichées sur le fait que son spectacle n’est pas encore entièrement écrit. Le tout a été fait sur un ton ludique, à la fois malaisant mais attachant, à l’image de François Bellefeuille quoi!

Son spectacle devrait donc sortir pour février 2014. Il vous reste donc une dizaine de mois à patienter. Si jamais pour vous l’attente vous paraît trop longue, vous pouvez toujours aller le voir aux Soirées Juste pour rire, les mercredi soir au Café Campus et ce jusqu’en mai, on encore aller le voir en rodage un peu partout dans le Québec au courant de l’été.

Voici la fameuse vidéo sur son prochain spectacle. Amusez-vous à faire comme moi et jouez à " Reconnais-tu les figurants". Personnellement, j’ai un gros béguin pour le gros barbu à casquette qui tient une caméra vintage dans le fond de la salle…

Les billets sont en vente dès maintenant sur le francoisbellefeuille.com

Des étudiants pleins de talents!

Dernièrement,je vous parlais de la cohorte2013 de l’École Nationale de l’humour, celle qui partira en tournée sous peu. Bien que la tournée est à nos portes, il leur restait tout de même quelques cours à suivre avant d’être laissé à eux-mêmes sur les planches des scènes de la province.

Un des cours obligatoires dans le cursus d’un étudiant de l’ENH est un cours nommée Nouveaux Médias, où les étudiants apprennent à bien utiliser les médias sociaux, mais aussi ils doivent concevoir des courtes vidéos et des pilotes de webséries. Ce cours est donné par Daniel Savoie ( alias Patrice Lemieux) et MC Gilles, je ne sais pas pour vous, mais moi avec la vue de ces noms je payerais cher pour être étudiante libre de l’ENH!

Bref, cette semaine 2 vidéos des finissants de 2013 ont fait leurs apparitions sur les Internet. Le premier, Gun Malkovitch, de Medhi Bousaidan et Vincent Gonneville, mettant en vedette Medhi, mais aussi Jessy Sheeny, camarade de classe de Medhi. Le personnage de Gun Malkovitch est celui d’un tueur à gage un peu gaffeur. Ce personnage provient du show de Noël 2012 de la cohorte de 2013, où tous incarnaient un superhéros. Pour Medhi c’était Gun. J’ai pu échanger avec Medhi et il m’a confirmé que d’autres vidéos étaient à prévoir dans les prochains mois. C’est donc à suivre, sinon d’ici là pour découvrir son humour vous pouvez toujours aller le voir à la Messe de l’humour à l’Abreuvoir.

267976_587465934615693_847247286_n

Une autre vidéo qui a capté mon attention est celle d’All Ice (Alice Payer) et Fuego (Marie-Lise Domingues). Ondulations, petit pastiche des vidéoclips de rap, mais version féminine; ça m’a fait vaguement (j’ai dit vaguement, alors toi le spécialiste de la musique qui me lira, ne me tombe pas sur la tomate) penser à Donzelle. On ressent tout le plaisir que les filles ont eu à jouer ces aguicheuses du rap. D’ailleurs, elles ont eu tant de plaisir à faire ce devoir, qu’elles comptent nous préparer d’autres vidéoclips de la sorte. Le vidéo met aussi en vedette Claudy-Marc Moreau-Duvivier et Victor Billo, aussi finissants de 2013.

 

Je vous rappelle que si vous voulez découvrir ces artistes au-delà des vidéos, ils seront en tournée à travers le Québec dès le 27 mars prochain!

Une deuxième édition pour le festival d’humour de Lourdes

Affiche de la 2e édition du festival d'humour de Lourdes

Affiche de la 2e édition du festival d’humour de Lourdes

Un journal français, La Dépêche, a confirmé il y a 5 jours la tenue d’une deuxième édition du festival d’humour de la ville de Lourdes en France du 28 mai au 1 juin 2013. Pourquoi je vous parle d’un festival d’humour en France quand mon blogue concerne surtout l’humour du Québec? C’est simple, c’est que ce festival est une coproduction avec des artisans du Québec, le gouvernement provincial, l’École Nationale de l’Humour et la délégation du Québec à Paris.

L’an dernier dans le cadre de ce même festival, Mario Jean et Olivier Martineau s’étaient produits en spectacle, tandis que Les Nanas Coustiques, François Bellefeuille et Adib Alkhalidey concouraient contre des humoristes français. C’est d’ailleurs l’excellent Adib qui fut couronné gagnant de la première édition du concours.

Pour la deuxième édition, les concurrents ne sont pas encore annoncés, par contre Pierre Hébert et Adib sont confirmés pour y présenter des performances, tout comme le groupe Fills Monkey qui a fait un tabac lors de la dernière édition du festival Zoofest.

C’est donc un dossier à suivre! Qui sera plus drôle? Un Français ou un Québécois?

La Nuit on rit, édition 2013

ENH_4C

Le 2 mars prochain, dès 20 h, les fans d’humour sont conviés à la 5e Salle de la Place des Arts pour assister à La Nuit on rit, dans le cadre de la Nuit Blanche du festival Montréal en Lumière.

Cette activité gratuite est une des plus courues de la Nuit Blanche de Montréal. Organisée par l’École Nationale de l’humour, qui fête cette année ses 25 ans, elle regroupe les meilleurs finissants des dernières années, soit la crème de la crème de la relève de l’humour. Différents humoristes défileront à tous les blocs d’heures.

Cette soirée sera animé par Mathieu Cyr, finissant de la cohorte2007 de l’ENH. Le grand public le connait pour ses participations à divers show télé, donc Slaque ta cravate sur Télétoon la nuit. Mathieu est aussi reconnu pour avoir animé et animer encore plusieurs soirées d’humour à dans la région de Montréal et ses alentours. De plus, il était la personne toute désignée pour animer une Nuit Blanche, étant un nouveau papa depuis peu, les nuits blanches il connaît ça ( poudoum pout dish ).

 imgres

C’est donc un rendez-vous, dès 20 h le 2 mars à la 5e salle de la Place des Arts et ne pas oublier, c’est GRATUIT! Si l’humour ne vous tente pas ( mais vous allez manquer quelque chose, je vous dis), il y a un tas d’autres activités gratuites ( ou vraiment pas chers) durant la Nuit Blanche, tous les détails ICI.

Rire pour une bonne cause!

529539_443242982414272_1597496557_n

Le 15 février prochain, au théâtre La Tulipe à Montréal, se tiendra un spectacle-bénéfice pour la fondation Le Phare des enfants et familles.

Ce spectacle sera animé par l’excentrique duo humoristique les Denis Drolet, sans compter la participation des humoristes Jean-Thomas Jobin, Sylvain Larocque et du surprenant Yannick De Martino. De plus, le charmant Lévi Doré, fils de la gérante des Denis Drolet, Sophi Carrier, fera sa première prestation professionnelle. Auteur-compositeur et interprète âgé d’une dizaine d’années, il surprend tout le monde par son immense talent à la guitare. Le grand public a aussi pu le connaître lors de quelques apparitions à Un gars le soir en compagnie de François Bellefeuille et d’une apparition dans un gala Juste pour rire avec les Denis Drolet.

Alors venez vous dilater la rate pour la cause, vendredi le 15 février prochain!

La fondation Le Phare des enfants et des familles

Créé en 1999, Le Phare Enfants et Familles est un organisme sans but lucratif qui contribue au bien-être des enfants dont la vie est menacée par une maladie nécessitant des soins complexes et qui apporte répit et soutien à leurs familles.(source Facebook)

La tournée des finissants de l’ENH-cuvée 2013

Ça y est, le décompte est commencé, dans environ 1 mois, les finissants de l’école nationale de l’humour, cuvée2013, entreprendront la tournée qui conclura 2 ans de formation à la prestigieuse école du rire de la rue Sherbrooke Est.

Ces 14 étudiants seront donc amenés à visiter les 4 coins du Québec afin de vous conquérir et vous convaincre qu’ils sont vos futurs humoristes préférés.

J’ai le plaisir de les voir évoluer de près grâce à mes divers postes que j’occupe dans le milieu de l’humour. Certains se démarquent déjà de par leurs styles et leur énergie, je pense entre autres à Sam Breton, François Tousignant ou Mehdi Bousaidan. Les filles de la cohorte ont aussi beaucoup de chien et d’aplomb, Marie-Lise Dominguez, Alice Payer et Katherine Levac; tout simplement parce qu’elles ne font pas de "l’humour de fille", elles font de l’humour, point.

Bref, allez les découvrir vous aussi avec beaucoup de plaisir, trouvez vos préférés, avec 14 humoristes, il y en a pour tous les goûts!

ÉCOLE NATIONALE DE L’HUMOUR

Tournée des finissants humoristes 2013

Mars 2013

27 – Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles, Montréal

29 – Salon Desjardins de la salle Augustin-Norbert-Morin, Sainte-Adèle

 Avril 2013

5 – Salle André Prévost, Saint-Jérôme

6 – Pavillon de l’Entrepôt, Montréal

7- Soirées Youp de Rire, Complexe des Seigneuries, St-Agapit

9 – Soirées palpitantes, Ancienne Lorette

11 – Salle Desjardins Maria-Chapdeleine, Dolbeau-Mistassini

12 – Salle Pauline-Julien, Ste-Geneviève

13 – Salle Maurice Savaria, Sainte-Julie

19 – Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie, Montréal

20 – Vieux Clocher de Magog

27 – Maison de la culture Mercier, Montréal

 Mai 2013

4 – Bistro du Centre culturel Georges-Deschênes, Dégelis

5 – Théâtre de la Vieille Forge, Petite Vallée

7 – Salle Jean-Marc Dion, Sept-Iles

8 – Sous-sol de l’Église, Havre Saint-Pierre

9 et 10 – Café-Théâtre Graffiti, Port-Cartier

22 – Club Soda, Montréal

29 -  Cinéma Laurier, Victoriaville

30 – Bar Chez Maurice, Saint-Lazare

 Juin 2013

6 – Salle Denise Boudreau Ménard, Farnham

7 – Centre des arts Juliette-Lassonde, St-Hyacinthe

8 – La Hutte, École secondaires Les Rives, Lachenaie

16 – Grand rire, Québec

24 – Centre d’art La Petite Église, St-Eustache

 Juillet 2013

À venir …

 

Les Sodas Mousse au Zoofest

Les Sodas Mousses, photo gracieuseté de Zoofest

Accueillis par un verre de soda mousse ainsi que des bulles de savons virevoltant un peu partout dans la salle du hall de l’église au toit rouge, les spectateurs des Sodas Mousse venus voir le spectacle Le show bain propre ont tout de suite compris : le trio humoristique a le sens du concept.

Le gros, le p’tit et l’autochtone sont les noms de scène que portent respectivement Simon Trottier, Manuel Potvin-Lemieux ainsi que Mathieu St-Hilaire Lévesque, trois gars originaires de Dolbeau qui roulent leur bosse depuis 2004, principalement dans la région de Québec, avec le trio humoristique, les Sodas Mousse.

C’est un spectacle ponctué de sketchs et d’imitations que nous a livré les humoristes dans le cadre du Zoofest. On a pu voir un Gaston Lepage appuyer violemment sur son buzzer de Dieu Merci, un animateur de «Zéro à nul » qui nous lance qu’à chaque semaine, son émission donne rendez-vous au talent et se fait poser un lapin à chaque fois. On y fait la rencontre de Martin Tense, danseur contemporain portant bien son nom. Les Sodas Mousse se donnent également dans la parodie, notamment Titanic et Twilight. Les spectateurs ont eu droit à plusieurs performances musicales; une version a cappella de Who let the dogs out et une autre de leur déjà très grand succès Pungsyanun, chanson au son amérindien n’ayant rien à envier aux tubes de Kashtin.

Dans l’heure de folie burlesque des Sodas Mousse, on s’est trouvé le moyen de parler d’un wapiti xénophobe, d’un gars qui s’appelle Yannick Zipper, on a même fait un sketch médiéval dans lequel, des sacs poubelles bien apprêtés servaient d’armures. C’est un spectacle rempli de créativité malgré les apparents « moyens du bord ». Les accessoires et déguisements étaient choisis avec humour et originalité.

Malgré des gags souvent prévisibles et déjà vu, entre autres, on traite le gros de gros, le petit de petit, l’autochtone de sniffeux de colle et d’alcoolique, les Sodas Mousses sont divertissants et leur humour, rafraîchissant. Interviewés par l’équipe de Marie Jetset, les gars affirment qu’ils n’ont pas de mission de changer le monde ou de faire avancer des causes, seulement de faire passer un bon moment aux spectateurs qui viennent voir leur spectacle.

Les Sodas Mousse : Mission accomplie.

Du coq à l’âne avec Olivier Martineau

Oivier Martineau dans Du Coq à l’âne, photo gracieuseté de Zoofest

Une salle non-climatisée pleine à craquer. Un micro sur un pied qui attend impatiemment l’humoriste qui a plus de 15 minutes de retard compte tenu que plusieurs dizaines de spectateurs attendent encore à l’extérieur de pouvoir rentrer malgré le manque d’espace. Il est 22h30, avant dernier soir du festival Zoofest, les gens sont fébriles, on se croirait dans l’attente d’une rockstar. Les lumières s’allument, Olivier Martineau apparaît. Et c’est parti.

Ça ne faisait même pas deux minutes que l’humoriste était sur scène que la foule riait à gorges déployées. C’est avec une énergie pouvant alimenter une centrale électrique qu’Olivier Martineau, celui qui a récemment gagné le prix de la découverte au Grand rire, a commencé sa prestation en interagissant  avec son public. « Tu ris pas, madame? » a-t-il lancé, tout de go à une jeune femme sérieuse, qui ne l’a pas été longtemps, assise en première rangée. Au bout de dix minutes, il interpelle les retardataires qu’il appelle « L’escouade discrétion » et nous lance ensuite que le spectacle n’était même pas encore commencé. On avait déjà mal aux joues, pourtant.

Alignant les gags à la vitesse de l’éclair, l’improvisateur irrévérencieux est en sueur sur scène et offre à un couple, dans la première rangée, une tournée de Mr. Freeze; friandisequ’il appelle affectueusement  « l’air climatisé des pauvres ».

Comme le titre de son spectacle le dit si bien, Olivier Martineau saute du coq à l’âne et ce, tout au long de son spectacle. C’est voulu, calculé, c’est son style d’humour bien à lui, sa marque de commerce, pas toujours facile à suivre pour les non-initiés. Au bout de trente minutes de spectacles, celui qui nous fait trouver lente la diction de Louis-José Houde avoue d’emblée ne pas suivre le planning de son show. Encore une fois pourtant, tout est placé, précis et fait hurler de rire. Tantôt de l’humour absurde, tantôt de l’humour intelligent, mais toujours, de l’humour ficelé par des doigts de maitre.

Celui qui revient d’un festival d’humour en France habite la scène avec une assurance et un plaisir apparent et communicateur en plus de maximiser sur sa grande force : le contact avec les spectateurs.

Il parle de la voiture Smart, automobile avec laquelle tu ne peux offrir de lift si tu apportes un lunch, il nous fait lever les mains en l’air pour jouer à un « jeu » et nous donne des idées de trucs pas gentils mais drôles à faire, comme par exemple : lancer une poignée de sable en l’air dans une descente dans le Monstre à la Ronde. Il raconte que selon les statistiques, on avalerait sept araignées par année dans notre sommeil. Il ajoute : « Moi, ce que je trouve troublant là-dedans, c’est pas le fait d’avaler des araignées, c’est le gars qui te regarde dormir et qui les compte. »

Fidèle à son habitude, et maintenant, à sa réputation, Olivier Martineau a défoncé les soixante minutes de son spectacle qu’il a terminé en musique avec sa guitare et ses compositions humoristiques : « C’est comme dans un show de Nicolas Ciccone, mais avec plus de monde…oups, j’viens-tu d’insulter une petite madame? ». Comment lui en vouloir?

Olivier Martineau est un autodidacte qui n’a jamais mis les pieds à L’École nationale de l’humour. En plus d’être une solide bête de scène, il produit lui-même ses spectacles. On a affaire à un humoriste qui maitrise son art et malgré qu’il soit de la relève, on dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Il a l’énergie, le talent et le charisme des plus grands. Il rafle les honneurs un peu partout cette année; honneurs grandement mérités.

Véritable touche à tout, il a exercé plusieurs métier dans sa vie : professeur, intervenant, barman. On espère qu’humoriste sera son dernier.

60 minutes avec Louis T

Louis T, photo gracieuseté de Zoofest

La première fois que j’ai vu Louis T sur scène, c’était en 2008, à l’époque où il co-animait les lundis de l’humour au Belmont. Nouvellement diplômé de l’École nationale de l’humour, l’humoriste faisait tranquillement sa place dans le milieu, en compagnie des François Bellefeuille, Pierre Hébert et autres jeunes de la relève. Depuis, il a cumulé les honneurs et a fait rire sur les scènes les plus prestigieuses de l’humour au Québec. C’est un Louis T, à la hauteur de son succès, qui nous présente soixante minutes de son matériel dans le cadre de Zoofest.

Le spectacle s’ouvre sur un vidéo coup de poing où l’on voit des images saisissantes de notre monde moderne, entre autres, des enfants en famine au tiers monde versus des Américains obèses qui s’empiffrent comme si leur vie en dépendait. C’est l’actualité à la vitesse grand V qui défile sur l’écran posé sur la scène Hydro-Québec du Monument National. Tout y passe : pollution, manifestations, coupe à blanc, armes à feu, guerres, pauvreté, etc.

En arrivant ensuite sur scène, armé de son Ipad et vêtu de son classique veston-cravate, Louis T nous demande si ça va bien, ce à quoi l’auditoire répond évidemment oui. « C’est exactement ça le problème! » de renchérir l’humoriste. Effectivement, après avoir vu ces images, c’est un peu un problème.

Pendant une heure, Louis T aborde une foule de sujets, en passant par la bouffe bio, le divorce de ses parents, le Plan Nord, le métro de Laval et beaucoup plus encore. C’est un Louis T qui a parfois tendance à sauter du coq à l’âne, à bafouiller légèrement, mais qui a savamment ficelé et « punché » chacun de ses gags au quart de tour. Il sait brillamment sauter de blagues légères à d’autres qui portent plus à la réflexion. Il se trouve aussi le moyen de placer un gag à connotation sexuelle en parlant de la grève étudiante, ça c’est fort!

Louis T ne craint pas de tomber dans le  politically incorrect , notamment, en parlant des victimes du car surfing et des nains. C’est de l’humour intelligent que nous offre celui qui devait, à la base, se diriger dans le domaine de l’administration.

L’humoriste a pris de l’assurance au fil de ses années de pratique. C’est un artiste qui s’assume et qui ose tout en ayant une solide répartie quand un de ses gags tombe à plat; répartie qui réussit à faire irrémédiablement hurler de rire la salle pleine à craquer.

C’est donc une actualité dans tout ce qu’elle a de frustrant et de touchant qui sort en condensé de la bouche de l’humoriste qui assure présentement la première partie du spectacle de Louis-José Houde, présenté cet été à Gatineau. Une belle vitrine pour le jeune homme originaire du Lac St-Jean.

En parlant du registre des armes à feu, Louis T lance : « Il parait que c’est pas les armes qui tuent, mais bien les gens. Je propose alors qu’on lance un registre des imbéciles, à commencer par ceux qui possèdent une arme ». Lors d’un gag sur notre eau potable, il se questionne sur la réaction que pourraient bien avoir les Africains d’apprendre que nous déféquons dans de l’eau propre alors qu’eux doivent marcher des miles pour en récupérer pour leur alimentation. Louis T met en éclairage les absurdités de notre monde, de nos politiques et il réussit haut la main à discuter de sujets chauds et risqués sans fausse note.

L’humoriste avait tellement de matériel de qualité qu’il aurait probablement pu faire durer son spectacle encore longtemps, sans même que les spectateurs se fatiguent. À un moment où il avait un blanc et regardait son texte sur son Ipad, Louis T nous dit : « Ça se peut que j’aie à le regarder un peu, désolé. Mais t’sais, au prix qu’il m’a coûté, tu peux être certain que je vais le regarder ». Il était déjà tout pardonné; la foule riait à profusion, oubliant instantanément cette minime faille.

On voit bien que Louis s’amuse sur scène, c’est ce qui ressort de sa performance. Il sait habiter son environnement et créer un lien privilégié avec son auditoire. Après quatre ans de métier, il n’a définitivement plus rien à envier aux plus grands de l’humour, Louis T a officiellement sa place enviable bien à lui.